Une délégation d’entrepreneurs de la Fédération du BTP 35 s’est déplacée à Francfort mi-avril avec pour objectif de rencontrer les responsables de la Philipp Holzmann Schule, centre de formation par apprentissage du bâtiment jumelé avec le CFA de Saint-Grégoire. C’était aussi l’occasion pour les entrepreneurs brétiliens de rencontrer les apprentis français ayant fait le choix d’un stage de quatre semaines dans une entreprise allemande.

Pour Christian Corbe, initiateur de ce déplacement : « La problématique de beaucoup de dirigeants est de recruter et de trouver des apprentis et j’ai souhaité voir concrètement ce qu’il en était du modèle allemand et des solutions développées sur place ».

La situation de l’apprentissage à Francfort est en fait assez similaire à la nôtre sur la question de l’image des métiers qui reste dévalorisée par rapport au secteur de l’industrie par exemple. De grandes difficultés à trouver des jeunes apprentis en Allemagne, alors que la question du renouvellement des effectifs et de la transmission des savoirs est cruciale pour leur pays avec une moyenne d’âge très élevée, aussi bien chez les chefs d’entreprise que chez les compagnons. La question de la démographie et du renouvellement de la population est une réalité, ce qui explique par exemple que 40 % des apprentis de la Philipp Holzmann Schule (sur les 2 300 au total) sont des immigrés ou des réfugiés.

Parmi les points intéressants de l’organisation allemande, la possibilité pour les futurs apprentis de tester pendant un an différents métiers avant de faire un choix définitif sur un métier. Cela peut permettre d’éviter certaines ruptures de contrat en cours d’apprentissage. La formation des apprentis est également ouverte jusqu’à l’âge de 30 ans, comme en Bretagne.

La délégation a également été reçue par la Handwerkskammer, l’équivalent de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat, et par la Verband baugewerblicher Unternehmer Hessen, fédération du bâtiment pour les petites entreprises. Le mode de fonctionnement de cette dernière comporte des similitudes avec la fédération brétilienne. Elle représente environ 1 000 entreprises de la Hessen (l’un des 16 länder composant l’Allemagne) et environ 18 000 salariés. Comme en France, ils sont confrontés au travail au noir et à la main d’œuvre à bas coût en provenance de Roumanie, Bulgarie ou Pologne. Ils engagent également des opérations de communication sur l’image des métiers orientées vers les jeunes et les étudiants, dont 30 % d’entre eux arrêtent leurs études.

Cette visite très instructive a donc permis aux entrepreneurs français de constater que la situation de l’emploi et de l’apprentissage était un défi à relever aussi pour nos voisins germaniques, avec des problématiques supplémentaires liées à la démographie. Cela a aussi conforté les convictions des chefs d’entreprise français à continuer leurs actions autour de l’image de leurs métiers et de la montée en compétences de leurs apprentis.