Entreprise spécialisée dans la rénovation, la réhabilitation des toitures, pour les particuliers, syndic de copropriété, office d HLM, avec une grande place dans la Rénovation du Patrimoine.Il est adhérent FFB depuis plus de 20 ans.

Vous êtes artisan, vous accueillez des apprentis, pouvez-vous dire pourquoi ?

Hervé Maussion : C’est le cœur même de notre métier que de transmettre et puis je suis moi-même issu de l’apprentissage, je suis titulaire d’un CAP et d’un Brevet Professionnel, en alternance avec le CFA 35.
Le besoin de main d’œuvre qualifiée nous dirige sans hésiter vers l’apprentissage. L’accueil assuré par mes équipes de compagnons, plutôt jeunes, fait en sorte que le jeune se sente intégré dès le début. Pour moi, il est indispensable de prendre le temps de lui apprendre.

Vous accueillez depuis toujours des apprentis mais cette année, vous avez deux profils très motivés. Pouvez-vous nous en parler ?

HM : Effectivement, j’accueille cette année deux réfugiés Afghans.
Proche du CFA du Bâtiment d’Ille-et-Vilaine, où je suis la formation de mes jeunes, j’ai été contacté car ils étaient à la recherche d’une entreprise d’accueil pour Naquib.
Naquib, en contact avec l’Epide, souhaitait devenir couvreur, quoi de plus naturel que de l’accueillir dans mon entreprise. Il est donc arrivé à l’entreprise en septembre mais ne parlait que quelques mots de français.
Il prépare un CAP en trois ans, grâce à une initiative de la FFB Bretagne, en partenariat avec l’Etat. CAP de droit commun « CAP Breizh + » mais destiné aux refugiés, combinant la formation professionnelle en alternance avec la mise en autonomie de l’apprentissage intensif du français.
Naquib est très motivé. Il souhaite apprendre un métier pour pouvoir s’installer ici et se projette sur une vie construite ici.
« Il a récupéré son sourire » me disent ses collègues ! Quelle récompense pour le chef d’entreprise que je suis que de lui apprendre son métier de couvreur et lui permettre de se projeter dans sa vie future. On sait que le secteur du bâtiment est intégrateur de tous publics, de toutes origines.

Le deuxième apprenti que j’accueille est aussi Afghan, il se prénomme Khan. Il m’a aussi été présenté par le CFA du Bâtiment, jeune très ouvert, très souriant, motivé avec beaucoup d’envie : envie d’apprendre, envie de comprendre.
Khan maîtrise un peu mieux le français que son compatriote et lui est du coup d’une aide précieuse.
Quant à mes compagnons, très attentifs, voire protecteurs, ils transmettent avec une réelle ouverture d’esprit.
Avec ces quelques mois de recul, je me dis si c’était à refaire : je le referai. Je suis persuadé que notre rôle de chef d’entreprise c’est aussi de former et transmettre !
Petite goutte d’eau dans cette opération, puisqu’aujourd’hui ce sont plus de 250 personnes réfugiées et/ou issues d’un pays hors Communauté Européenne qui ont intégré les 4 CFA du bâtiment breton.

Belle initiative de la FFB ce CAP Breizh + !