Arnaud Launay, nous avons eu connaissance des chiffres de rentrée 2018 qui sont bons, pouvez-vous nous les commenter ?

Arnaud Launay : Effectivement notre association Bâtiment CFA Bretagne fait, une nouvelle fois, figure de bon « élève », par rapport aux chiffres nationaux. Au 1er septembre, grâce à une conjoncture économique favorable, à la mobilisation de nos entreprises partenaires et au travail de nos points conseils, nous avons une progression de plus de 10 % du nombre de nos apprentis en Bretagne, alors que la moyenne nationale est de 4 %. Avec un effectif global de 2 600 apprenants. Nous retrouvons ainsi notre niveau de formés de 2012.

Vous savez que le principal souci de nos entreprises en ce moment est le recrutement, que mettez-vous en place dans vos CFA de la branche Bâtiment pour répondre au mieux à cette préoccupation ?

AL – Aujourd’hui l’une des principales forces de nos structures est d’avoir adapté des parcours de formations aux profils d’un public de plus en plus hétérogène. Entre un jeune issu d’une formation supérieure et un jeune allophone, nous devons faire preuve d’agilité pour répondre aux besoins de chacun et permettre sa réussite et donc son employabilité. Nous proposons donc des durées de formation qui s’adaptent au rythme de chacun en accord avec l’entreprise formatrice.

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Comment voyez-vous l’avenir, et notamment en Ille-et-Vilaine où les besoins de la branche sont importants ?

AL – La réforme de l’apprentissage va encore apporter davantage de souplesse, notamment sur les durées de formation, et nous bousculer sur nos modèles pédagogiques. Il nous faudra poursuivre le travail engagé pour permettre d’ajuster nos contenus de formations aux compétences clés attendues par les entreprises et développer la formation multimodale qui facilitera la mise à disposition de contenus plus individualisés. Le projet de Centre de formation à Montgermont porte dans son ADN cette dimension « Recherche et Développement » avec un usage marqué du numérique dans nos formations. Nous espérons ainsi valoriser encore davantage notre filière Bâtiment et donner à voir que nos métiers embarquent de nouvelles compétences.

Nos métiers évoluent, comment préparez-vous les jeunes aux enjeux du numérique ?

AL – Dès le niveau 5, les apprenants développent des compétences sur l’usage d’une visionneuse à partir d’une maquette numérique. Pour nous, il est important d’éveiller leur curiosité sur les évolutions technologiques qui impacteront nécessairement leurs métiers demain. Nos BTS sont tous amenés à travailler dans une pédagogie de projets qui impliquent les processus BIM et donc de la conception via la maquette numérique.
Enfin, notre région porte un projet de développement de modules pédagogiques « métiers » en réalité virtuelle et nous serons d’ici juin 2019 capables de proposer 5 modules sur 5 métiers différents. Le casque de réalité virtuelle ou augmentée aura une place aussi importante que le casque de chantier dans nos structures dans les années à venir.

Certains de vos apprentis, Dorian pour l’électricité, Corentin pour le carrelage entre autres, ont servi de « modèles » pour la campagne de communication de la FFB Bretagne. Pouvez-vous nous dire quel est leur ressenti sur le fait de promouvoir l’attractivité de nos métiers ?

AL – Nos jeunes portent avec fierté l’appartenance à notre branche du Bâtiment, il n’y a plus de honte à faire savoir que l’on travaille dans un secteur plus que jamais porteur d’avenir avec des évolutions techniques et technologiques qui viendront apporter du confort dans l’habitat de demain.