Entretien avec Xavier Champs, Président de la FBTP35

Sur le département 35, les besoins en main d’œuvre sont estimés à 3 000 personnes. De nombreuses entreprises ne trouvent pas de personnes qualifiées pour assurer leurs chantiers, et celles qui veulent former des jeunes manquent de candidats à l’apprentissage, selon la FFB.

« Nous ressentons depuis un an une vraie reprise sur le département, que ce soit en neuf ou en rénovation, et les carnets de commande sont bons voire très bons. » déclare Xavier Champs, Président de la Fédération du BTP35. Ce regain d’activité fait suite à 10 années de crise, qui ont resserré l’emploi : le secteur a perdu plus de 2 000 salariés depuis 2008, pour descendre à 19 500 salariés actuellement. « Il y a cependant une incompréhension très forte des chefs d’entreprises, tous secteurs confondus, sur ce manque de main d’œuvre quand on sait qu’on est actuellement autour de 9% de chômeurs et que le plein emploi que nous devrions avoir aujourd’hui en France se situe entre 3 et 5%. Des questions légitimes se posent sur la façon de mettre au travail les 4% qui ne trouvent à priori pas intérêt à travailler et dont notre pays aurait pourtant bien besoin ! ».

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Pendant les années de crise, les TPE et PME du Bâtiment ont fait le dos rond en limitant les licenciements, au détriment de l’accueil de jeunes en apprentissage. « Ce qui fait qu’aujourd’hui, avec la reprise d’activité, et les départs en retraite à compenser, il y a un réel manque de personnels, qui met en tension les entreprises ». Si on prend l’exemple du CFA du Bâtiment de Saint-Grégoire, le centre de formation démarre la rentrée avec 740 apprentis (+6% par rapport à la rentrée 2017), mais recense 150 offres d’entreprises non pourvues, faute de candidats, notamment en maçonnerie et couverture. « Les jeunes ne sont pas suffisamment nombreux à s’intéresser à nos métiers, alors qu’on offre de vrais atouts pour les accueillir, les former, les faire évoluer en responsabilité… Les formations intègrent désormais la maquette numérique et des modules sont dispensés en réalité virtuelle» explique Xavier Champs. « De nombreux chefs d’entreprises sont issus de l’apprentissage, les jeunes ne savent pas forcément qu’ils peuvent se former en préparant un CAP, même après avoir fait d’autres études ». Les exemples de reconversion de jeunes adultes se multiplient au CFA qui accueille de plus en plus de Bac+ pour un CAP en un an. Et le démarrage d’un contrat d’apprentissage peut se faire jusqu’en décembre. « Il reste donc de la place pour des jeunes mal orientés qui voudraient apprendre un métier concret et évolutif ! Il leur suffit de contacter les centres de formation, ou la Fédération ».

Chaque année, la FFB propose des visites de chantiers aux collégiens. « Pour casser les préjugés et montrer la réalité de nos métiers, sur les chantiers, nous en avons fait découvrir 4 tout récemment » explique Xavier Champs (lire l’article consacré page 7).