Je suis né à l’âge de 5 ans…

À l’âge de 5 ans, j’ai rencontré les Bretons (Erquy) ainsi que le feu et de la forge, grâce à mon père…

Après un Bac F4 (génie civil) et un BTS CM (construction métallique) j’ai travaillé dans plusieurs entreprises de métallerie dont celle de mon père durant 8 ans en rénovation du patrimoine.

En 2003, j’ai trouvé un emploi dans l’entreprise Métafer de M. Jean-Claude MOY à Plaintel, dans le but de reprendre l’entreprise avec Cécile, ma femme, le 5 septembre 2005.

Grâce à la confiance et aux encouragements de nombreuses rencontres tout au long de notre évolution, nous avons progressé dans les trois domaines d’activités : la Métallerie d’Art pour le marché du particulier, celle du marché public et celle de la rénovation du patrimoine, toujours avec la même motivation : l’Art et sa recherche Artistique.

Mon goût pour le Marché public est d’ailleurs motivé par la conviction que l’Art ne doit, en aucune façon, être Élitiste, et pour cela il faut, dans ces lieux fréquentés par le public, que chaque ouvrage soit le plus réfléchi, conçu et exécuté dans un esprit architecturale et artistique, que l’utilisateur ou visiteur s’y trouve bien, qu’il aime l’harmonie du lieu, ou encore qu’il soit marqué ou même troublé par la construction qui l’entoure…

Tout sentiment, même opposé, vaut mieux que l’indifférence…

De quatre salariés en 2005, nous sommes arrivés à 20 salariés.

Nous réalisons tous ouvrages en aciers : ferronnerie, ameublement, escaliers, gardes corps, châssis 1900, portail, pergolas, gloriette, véranda, jardin d’hiver…

La Métallerie d’Art est un métier qui me passionne depuis mes 5 ans, et je la pratique depuis 30 ans.

 

Quand nous vous avons proposé d’être membre du jury pour le métier de la métallerie aux olympiades des métiers vous avez tout de suite répondu positivement, pourquoi ?

Ce sera la 3ème fois que je participerai aux olympiades, c’est une manifestation extraordinaire, qui met en valeur les métiers de l’artisanat : passion et savoir-faire.

J’ai accepté d’être de nouveau juré pour deux raisons, une personnelle : la passion et le plaisir de voir des apprentis montrer leur savoir-faire et le faire découvrir au public.

La 2ème raison est plus liée à mon engagement pour la formation et nos difficultés avec mes confrères à trouver du personnel qualifié et formé…

J’ai, depuis 3 ans fait, le tour des divers organismes de formations (en alternance)  avec des résultats similaires et déprimants :
Les compagnons du devoir à Rennes ont dû regrouper les 1ères année de cap avec les 2èmes année et les 1ères année en couverture pour compléter une classe de cap métallerie…
Idem à l’Afpa de Saint-Malo, malgré le fait qu’ils aient un atelier très bien équipé et un chef d’atelier très compétent, ils ne sont pas sûrs de pouvoir conserver la section faute d’un nombre suffisant de candidats…
Concernant les CFA, depuis 6 ans les sections ferment malgré de très bons équipements et un engagement fort de la branche. Heureusement nous avons pu conserver le site de Plérin pour poursuivre la formation métallerie.
Les  résultantes  de ce déficit sont multiples car nous avons une profession pluridisciplinaire qui nous permet d’avoir toujours du travail, rare à notre époque troublée, mais malheureusement il nous manque des salariés dans nos entreprises pour y répondre sereinement. Sans oublier tous ces artisans seuls qui ont un vrai savoir-faire, parfois rare, et qui ferment  leur entreprise faute de candidats à être formés (ou encore de motivation à le faire).
Nous ne pouvons pas continuer en ce sens.
Il y a urgence, il nous reste à anticiper l’avenir.

On va tout de même finir sur une note positive : j’ai senti un grand dynamisme (peut-être lié au danger de la fermeture des sections…) au niveau des centres de formations, il y a une réelle mutation dans leur mode de réflexion, ils sont prêts à écouter toutes propositions, ils imaginent même pouvoir participer à d’autres modes de pédagogies.
Nous avons besoin MAINTENANT  de soutien des pouvoirs publics, pas seulement de financement (même si nous en avons grandement besoin) mais aussi de communication comme les olympiades, et de manifestations d’appuis…

Avant de résoudre le problème des formations des métiers, nous devons en premier lieu nous occuper de l’information sur ceux-ci : objectifs, compétences, qualités, contraintes, avenir.

Nous avons besoin MAINTENANT de jeunes en formations à nos métiers…

Nous avons besoin MAINTENANT d’entreprises pour les accueillir et leur transmettre leur savoir-faire…