Depuis le 1er janvier 2015, 390 entreprises de peinture en bâtiment, en Bretagne, ont fait l’acquisition d’une ou plusieurs stations de nettoyage de leurs équipements (rouleaux et pinceaux). Ceci est le fruit d’une importante opération collective portée par la FFB (régionale et départementales) ainsi que le soutien précieux de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne qui subventionne ces équipements à hauteur de 80 %. L’objectif : aider les entreprises et les artisans à se mettre en conformité avec la réglementation.

Un progrès pour les entreprises

Nettoyer son rouleau sous le robinet donne une image négative de la profession auprès du grand public de plus en plus attentif à l’environnement et à ses enjeux. S’il est toujours possible d’utiliser des peintures naturelles ne présentant aucun danger pour l’environnement, celles-ci restent rares.

« Pour nettoyer un rouleau sous le robinet, il faut 6 litres d’eau. Cela ne donne pas une bonne image de notre profession », raconte Thierry FOUGERAY, de l’entreprise Fougeray Décoration à Saint-Malo. « C’est un véritable enjeu d’avoir une pratique moins polluante. Ce n’est pas parce que le solvant a été remplacé par de l’eau que la peinture ne contient pas de matières polluantes. Nous avons fait beaucoup d’efforts sur la gestion des déchets, ces machines sont la dernière marche de progrès. »

Ces stations fonctionnent en circuit fermé ce qui permet d’économiser de l’eau après épuration et récupération des boues. Sans compter que ces machines font gagner du temps et sont faciles d’utilisation !

« Le gain de temps est appréciable. » indique Cyrille BOEFFARD, dirigeant de l’entreprise Derval-Boeffard à Ploërmel. « Il ne faut plus qu’une minute pour nettoyer un rouleau. Le nettoyage avec la station permet aussi de faire des économies d’achat de rouleaux car, auparavant, il était parfois tentant de racheter des rouleaux plutôt que de les nettoyer. Enfin, j’ajouterai une notion de « confort » de travail pour les peintres de l’entreprise qui préfèrent les rouleaux qui ont déjà servi aux neufs. »

Un véritable progrès environnemental

Avec l’apparition des peintures en phase aqueuse, les peintres ont pris l’habitude de nettoyer leurs outils sous le robinet, dans l’évier dans la plupart des cas, soit à l’atelier, soit chez le client. Or la peinture, qu’elle soit à base solvantée ou en phase aqueuse, est un produit toxique qui contient des métaux et des additifs. Ces substances vont être envoyées dans les réseaux d’assainissement (les métaux déstabilisent les stations d’épuration) voire dans le milieu naturel. Rappelons que la réglementation est stricte sur le sujet : la Loi sur l’eau et les milieux aquatiques exige un arrêté d’autorisation de déversement dans le cas de rejets d’effluents toxiques dans les réseaux d’assainissement, par exemple. Individuellement un artisan peintre n’est pas une source de pollution majeure, mais si on prend l’ensemble des artisans et entreprises sur le territoire, cette profession est classée parmi les 10 métiers artisanaux les plus polluants.

Les stations de nettoyages fonctionnant en circuit fermé permettant à la fois d’économiser de grandes quantités d’eau et de récupérer les boues de peinture qui seront traitées, après épuration de l’eau, dans les filières déchets dédiées. Les eaux rejetées en fin de cycle sont ainsi très peu chargées en polluants. C’est pour ces raisons que l’Agence de l’eau Loire-Bretagne a accepté de financer cette opération sur une période de 3 ans.

Cette opération prend fin le 31 décembre 2017, nous invitons les peintres non équipés à prendre contact rapidement avec les ressources concernées (informations disponibles ici) s’ils souhaitent en faire l’acquisition.