Christophe LUBERT est un artisan influent de la construction en chanvre, en Bretagne et en France.
Il est accompagné depuis 16 ans par la FFB.

 

 

2011 : Création de la SARL ACEIS / LB Eco Habitat
Dirigeant : Christophe LUBERT
Situé à : Bédée (35)
Capital : 50 000 €
Emploi : 5 salariés
CA en 2018 : 550 000 €
Activité : Restauration du patrimoine (maçonnerie traditionnelle pierre et terre) et éco-construction en rénovation et en neuf de maisons individuelles, de bâtiments publics et tertiaires (maçonnerie chaux-chanvre, enduit terre-chanvre, isolation biosourcé).

www.lbecohabitat.fr

 

 

Il était une fois un salarié d’une entreprise en automatismes industriels qui a tout quitté pour se lancer dans l’agriculture bio. C’était il y a 20 ans ! Mais sa fibre végétale et ses rencontres fortuites, ou pas, l’ont amené sur un autre chemin, celui de la construction de bâtiments.
Il crée en 2003, avec 3 associés, la société innovante en construction chanvre (SI2C) et ils font le pari de développer cette filière.

Nous avons interviewé Christophe LUBERT sur ses 16 ans d’artisanat, d’éco-construction et de fidélité à la fédération française du bâtiment.

Pourquoi avoir choisi l’artisanat ?

Christophe LUBERT : L’artisanat c’est pour moi la liberté d’entreprendre, cela m’a ouvert le champ des possibles, ce que je ne trouvais pas à mon niveau dans le monde industriel. J’ai trouvé une forme d’indépendance dans le développement, avec des valeurs humaines fortes qui créent des relations vertueuses avec les compagnons.
J’ai également découvert un maillage très riche dans le milieu de l’artisanat entre les organisations professionnelles, chambres consulaires et interprofessions. Ce réseau est très intéressant car il est accessible et permet de multiplier les connexions.

Pourquoi l’éco-construction ?

CL – En un mot, la performance ! La construction en chaux-chanvre par exemple présente de grandes qualités environnementales (faible impact, longue durée de vie) mais aussi et surtout des qualités pour l’usager avec des performances acoustiques, thermiques, ou encore phoniques, qui sont meilleures que celles des matériaux conventionnels. A tous les niveaux notre qualité de vie s’en voit améliorée.

Vous êtes très actif dans la professionnalisation des matériaux biosourcés, est-ce que votre investissement porte ses fruits ?

CL – C’est un rôle qui me tient à cœur. J’aime expérimenter, développer et diffuser des solutions qui me semblent pertinentes pour notre société. Depuis 20 ans, nous avons largement structuré et normé le processus de construction en béton de chanvre, notamment via Construire en Chanvre. De nombreux travaux sont également menés dans les autres filières biosourcées (paille, lin, roseau, etc.) et géosourcés (terre, calcaire). Aujourd’hui, nous avons levé les freins, nous sommes prêts à massifier ce mode constructif.

Quelles actions ont été nécessaires pour développer la filière chanvre dans la construction ?

CL – Ce sont des actions très concrètes comme la rédaction des règles professionnelles permettant d’encadrer les systèmes constructifs, l’assurabilité que nous avons travaillée avec la fédération des assurances, la recherche et développement pour caractériser le comportement thermo hydrique des matériaux, la certification des produits ou encore la formation des artisans qui les mettront en œuvre. Il nous reste 2 étapes à finaliser, à savoir disposer du procès-verbal de classement au feu que nous comptons avoir d’ici septembre 2019 et la réalisation d’un Titre V en cours pour intégrer la capacité thermo hydrique du béton de chanvre dans les calculs RT.

Dans quelle mesure la FFB t’accompagne-t-elle dans ces missions ?

CL – Depuis 2005 la fédération du bâtiment est un véritable appui technique et relationnel qui a facilité le travail d’écriture des règles professionnelles et nous a aidés à répondre aux attentes des assureurs. Depuis 2018 cette confiance mutuelle m’a amené à prendre un mandat pour représenter la FFB dans les débats nationaux autour de la construction en chanvre, notamment dans la réécriture des règles professionnelles.

Comment voyez-vous l’avenir de votre métier ?

CL – Pour la construction neuve en chanvre mon métier va évoluer vers la préfabrication, c’est-à-dire moins de travaux sur chantier, davantage en atelier. D’une part cela nous permet d’avoir une capacité de gestion plus importante et de rendre ce mode constructif plus compétitif, c’est une forme d’industrialisation à taille humaine et artisanale. D’autre part, la mise en œuvre en atelier nous permet de mieux maîtriser les paramètres de l’ossature, d’avoir un produit fini plus qualitatif et de ne pas être soumis aux aléas météorologiques.

Vous êtes fidèle à la FFB depuis 16 ans, y a-t-il d’autres raisons à votre adhésion ?

CL – Avant tout c’est la relation humaine que j’apprécie à la fédération, la qualité d’écoute des collaborateurs et le contact. Par ailleurs, les services proposés sont de grande qualité et les réponses sont réactives. J’apprécie également la veille législative et sociale qui est très importante dans nos métiers, je pense qu’il faut être un peu fou pour être artisan, ce soutien est nécessaire car il permet de ne pas se sentir seul.

 

 

Pour en savoir plus sur les matériaux biosourcés, la FFB Bretagne vient d’éditer un dossier thématique consacré à ce sujet, il est disponible gratuitement à tous ses adhérents. Il permet rapidement de prendre connaissance des généralités, du marché, des caractéristiques techniques de 7 matériaux biosourcés et des règles de mises en œuvre. Il référence également des guides permettant d’approfondir le sujet.

 

 

 

Retrouvez Christophe LUBERT dans ce témoignage vidéo accompagné d’un client industriel qui témoigne en tant qu’usager.