
Être président national de la Fédération Française du Bâtiment, c’est mettre un point d’honneur à ce que chacun de nos 52 000 adhérents, de l’artisan travaillant seul au dirigeant d’une ETI se reconnaisse dans les actions que je porterai au cours des trois prochaines années.
Je suis un entrepreneur comme vous, je partage les mêmes galères, les mêmes exaspérations au regard de l’instabilité permanente et de la légèreté avec laquelle nos responsables politiques traitent parfois le développement économique.
Ma conviction c’est la défense de nos entreprises du bâtiment quelles que soient leurs tailles et à travers elles, de nos salariés et des métiers que nous représentons.

En ce début de mandat et compte tenu des attentes de la profession, quelles sont vos priorités ?
Frédéric Carré : Mes priorités sont claires : d’abord le carnet de commande, le marché, l’activité.
Celui du logement neuf et de la rénovation. Le logement doit revenir au cœur de l’agenda public et au juste prix. Nos marges sont passées sous la barre des 3% et notre productivité a plongé de 26% en 30 ans, quand les autres secteurs ont gagné 19%.
Il est grand temps de réinterroger notre modèle de production et de prix de vente. Il est essentiel de lutter contre toutes les offres anormalement basses et le non-respect des délais de paiement. La construction est une activité qui se respecte, ce n’est pas une activité de seconde zone où les entreprises seraient condamnées à jouer en permanence la variable d’ajustement. Cette première priorité est essentielle car sans activité, on ne recrute pas, on n’innove pas, on ne se projette pas. C’est LA priorité de mon mandat.
Xavier Champs : Défendre et soutenir les entreprises
Nous traversons des crises successives : crise violente du logement neuf, hausse des coûts des matériaux et de l’énergie, incertitudes politiques et géopolitiques, crise de la dette. Face à cela, nous devons amplifier notre présence auprès de nos élus politiques, du Conseil Régional et des services de l’État. Nous serons un interlocuteur stratégique, exigeant et force de proposition.
FC : Ensuite, le service à l’adhérent. Je souhaite revoir le service rendu, la réactivité, le contenu, le renforcement de l’expertise et nous interpeler aussi sur l’impact de l’IA sur ces sujets. J’associerai bien sûr les fédérations régionales et départementales. Je veux le faire ensemble.
XC : le rôle de la FRB est de fédérer et d’appuyer l’action, essentielle, de nos 4 fédérations départementales qui entretiennent le lien quotidien avec nos adhérents. Son rôle est aussi de soutenir et de compléter le travail de ces fédérations sur certains sujets liés à l’emploi-formation, aux sujets liés à l’environnement et à la nécessaire transition écologique, à l’innovation, au numérique, à la défense et à l’animation de nos adhérents artisans avec une volonté affichée de remporter les prochaines élections des chambres des métiers. La FRB, c’est aussi la communication régionale, la veille technique de nos métiers ou encore la représentation aux négociations salariales annuelles avec les partenaires sociaux.
FC : Troisième priorité, l’anticipation et l’innovation.
Le monde change, nous n’avons pas le choix. Et je tiens à ce que toutes nos entreprises, quelques soit leur taille, soient embarquées dans la révolution numérique et en particulier celle de l’intelligence artificielle.
Je proposerai la création d’un fonds d’investissement « innovation » pour accompagner les entreprises, avec l’appui des partenaires de la branche. C’est un enjeu majeur de mon mandat.
XC : Anticiper les transitions
Le monde change vite. Les mutations environnementales, réglementaires et numériques ne doivent pas être subies, mais maîtrisées dans la mesure du possible. Qu’il s’agisse de la rénovation énergétique ou de l’intégration de l’Intelligence Artificielle dans nos structures, la FRB sera là pour accompagner les fédérations départementales. Nous poursuivrons et intensifierons nos efforts de formation, notamment sur les stratégies d’achats, pour en faire de véritables leviers de compétitivité pour nos entreprises.
FC : Ma quatrième priorité est celle du recrutement et de la fidélisation. Pour voir loin pour notre profession, il rester vigilant à l’image du secteur, son attractivité, la valorisation de nos métiers, la défense de l’apprentissage, le développement d’une « marque employeur ». Il faut penser sans arrêt à la ressource de demain.
J’ai de l’ambition pour notre fédération, le service à l’adhérent et donc le nombre d’adhérent et leur fidélisation. Dans la foulée du programme « Start » engagé dès 2020, je souhaite que nous visions un objectif de 60 000 adhérents à l’horizon 2030. Car plus nous serons forts et unis et plus nos messages s’imposeront. Chacun sait ici les enjeux de représentativité qui y sont rattachés.
XC : Valoriser nos métiers
La Bretagne regorge de savoir-faire d’excellence, et les parcours de nos jeunes aux WorldSkills ou aux différents concours métiers en sont une belle vitrine. Nous devons continuer à attirer les jeunes, à valoriser nos métiers et à faciliter les transmissions de nos entreprises et de nos savoir-faire. Je n’oublie pas que 80 % de nos adhérents sont des artisans, des chefs d’entreprises de moins de 10 salariés. Ma responsabilité sera de représenter la voix de toutes nos entreprises, de la TPE artisanale à l’ETI structurée, quelles que soient leurs singularités.
Dernière priorité et pas des moindres : le renforcement de notre stratégie d’influence.
FC : Une influence à la fois auprès des pouvoirs publics mais aussi au sein de l’interprofession et dans les outils de branche. Sur la microentreprise, comme sur l’aménagement du territoire ou sur la simplification, nous devons être sur tous les fronts, être pugnaces et nous faire entendre !
La campagne des élections présidentielles va débuter, voire a débuté et j’aurai des échanges directs avec les candidats. Je le ferai pour la profession et je n’oublie pas les attentes de l’adhérent que vous êtes et que je suis.
Toutes ces priorités n’ont finalement qu’un seul et unique objectif : valoriser, défendre, la plus belle des Professions : celle des bâtisseurs.