Innovation & IA : de la promesse à l'action

Alexandre MOISON, dirigeant de Solutech35. Président du Pays de Redon pour la FFB d’Ille & Vilaine, chef de file Innovation FFB Bretagne.

Pourquoi les entreprises du Bâtiment doivent s’emparer de l’Intelligence Artificielle (IA) ?

Si l’on considère que la Valeur Ajoutée de nos métiers, c’est l’Ouvrage. Alors depuis 20 ans on constate que la part du travail qui a « moins » de valeur ajoutée a pris énormément d’importance. Et l’IA peut répondre à cette problématique.

Pourquoi êtes-vous convaincu que les actions de sensibilisation et de formation à destination des entreprises sont utiles ?

C’est nécessaire d’agir. Tout ce qui permettra aux adhérents de gagner en compétitivité aura un impact sur les taux horaires donc les niveaux de prix. Ce qui porte le risque d’un décalage avec le marché. Donc capter des gains de productivité, c’est aussi permettre d’offrir des coûts plus en phase avec les attentes des clients, des Maîtres d’Ouvrage.

Compte tenu des défis en termes d’investissements, d’accompagnement et de formation, y a-t-il un risque pour les TPE et PME ? est-ce une rupture technologique dont elles peuvent bénéficier ?

Les TPE et PME peuvent complètement s’emparer du sujet. Il y a des prérequis que les travaux et actions de la FFB ont permis d’identifier !

A court terme, travailler les process, la structuration de son organisation afin d’identifier ses points de douleurs pour lesquels l’IA peut apporter rapidement des réponses à nos problématiques du quotidien. Quant à moyen et long terme, cela nécessite de travailler une vision stratégique des usages de l’IA au sein des entreprises du Bâtiment.

Face aux questions que posent l’IA, quel conseil pourriez-vous partager avec un confrère ?

Premièrement, se faire accompagner pour éviter de réfléchir seul et ainsi contourner la difficulté de l’analyse des process de l’entreprise. Prendre le temps de diagnostiquer le parcours client, le flux de production et aller chercher les irritants qui dégradent la qualité, détruisent la valeur ajoutée. Pour identifier ou construire des réponses à l’aide de l’IA.

Pourriez-vous illustrer plus clairement cette notion de « point de douleur » ou « irritant » que les entreprises du Bâtiment cherchent à résoudre avec l’aide de l’IA ? 

L’un de nos adhérents, artisan dans le Morbihan, a partagé une expérience concrète de son usage de l’IA. Il est couvreur, spécialiste de l’étanchéité. Or il reçoit de nombreux appels téléphoniques pour des travaux qu’ils ne réalisent pas : réparation de couverture Ardoises, de gouttières… Gérer ces appels, expliquer que son entreprise ne réalise pas ces ouvrages. C’est beaucoup de temps perdu sans perspectives de gains pour son équipe.

Donc il a recours à l’IA pour automatiser le premier niveau de réponse de son standard téléphonique, filtrer et orienter les appels. C’est un vrai service pour les maîtres d’ouvrage qui ne perdent pas de temps à attendre une réponse et sont orientés vers d’autres professionnels. Cet usage de l’IA permet de soulager son équipe de ces tâches chronophages et de consacrer ce temps libérée à d’autres tâches à valeur ajoutée pour les clients de l’entreprise.

Quel rôle joue la FFB dans ce cheminement ?

Celui de la première marche ! Quand les dirigeantes et dirigeants s’interrogent, la FFB apporte un accompagnement de proximité et une bonne orientation. Face à cette page blanche, la FFB permet d’éviter d’avancer dans la mauvaise direction et de guider vers les usages pertinents.

Il y a aussi la dimension réseau qui permet d’éviter les impasses ou erreurs auxquels certains se sont déjà confrontés. La FFB offre l’espace pour travailler de concert !

En tant que chef de file régional de l’Innovation, vous participez aux travaux du Comité IA animé par la FFB nationale qui ont abouti à la publication d’une Charte IA. Qu’est-ce que c’est ? ça sert à quoi ?

La Charte IA a été coconstruite au sein de la FFB. L’objectif c’est de donner un cadre clair à l’usage de l’IA au sein des entreprises adhérentes et donc éviter les mauvais usages. La Charte IA a pour ambition de guider les Artisans pour faciliter l’appropriation de cette technologie face à un cadre juridique complexe, de l’alerter sur ce qu’il n’a pas le droit de faire, sur les risques en termes de Datas et de dépendance.

« Exploiter les opportunités des systèmes d’intelligence artificielle sans s’exposer »

4 piliers clés pour la Charte éthique proposée par la FFB pour proposer un cadre d’usage clair aux adhérents du réseau :

1/Transparence
2/ Respect sociétal & environnemental
3/ Confiance & contrôle humain
4/ Responsabilité

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