A travers cette étude confiée à la Cellule Economique de Bretagne, l’un des enjeux pour la FFB est d’éclairer finement les dynamiques d’innovation déployées par ses adhérents et plus largement les entreprises du bâtiment.
L’étude aboutit à un tableau de bord des pratiques réellement explorées, testées, mise en œuvre quels que soient les métiers ou la taille des organisations et permet d’identifier les attentes et besoins des entreprises face aux évolutions des compétences.
3 enseignements pour comprendre la dynamique de l’innovation dans le Bâtiment en Bretagne.
Premier enseignement : l’étude révèle que 78% des entreprises ont engagé au moins une démarche de déploiement de solutions innovantes. Ces solutions adressent essentiellement des enjeux d’adaptation et recouvrent trois familles de priorités : la Transition Environnementale, la Transformation technologique (y compris l’Intelligence Artificielle) et les modes d’Organisation du travail et de la production.
« L’innovation est déjà présente dans les entreprises du Bâtiment mais elle reste souvent peu formalisée »
Deuxième enseignement : salariés comme des dirigeants portent un regard globalement positif, majoritairement enthousiastes et curieux. L’engagement des acteurs est donc favorable au changement.
Troisième enseignement de l’étude : le principal frein n’est pas financier, ce sont plutôt les besoins en formations et en compétences d’une part et les besoins d’accompagnement d’autre part.
Et plus largement si l’on prend en compte les réponses des 22% entreprises qui déclarent ne pas avoir recensé de pratiques innovantes, c’est la priorité au quotidien et donc le manque de temps qui limite la dynamique d’innovation au sein des entreprises du Bâtiment.
L’innovation, un vecteur pour de nouvelles compétences à court terme.
61% des entreprises interrogées identifient des besoins en formation à adresser ou de nouvelles compétences à développer pour relever les défis des transitions et transformation des marchés du Bâtiment et soutenir la pérennité des modèles économiques donc des emplois.
Cinq champs de compétences complémentaires sont attendus par les entreprises et les salariés afin de renforcer leurs capacités à s’adapter aux évolutions de leur environnement, de leurs métiers ou de leurs clients.
En premier lieu, les compétences techniques ou métiers sont citées comme priorité afin de tenir compte des nouvelles solutions constructives (matériaux, procédés… y compris décarbonés).
En deuxième priorité, ce sont les compétences numériques de la maquette numérique à l’IA qui sont identifiées comme capacités à adapter et renforcer.
En troisième point, le renforcement des compétences de gestion de projet se révèlent comme un levier clairement identifié pour accompagner les processus d’innovation au sein des entreprises.
Avant dernier besoin, la consolidation des compétences managériales est une clé pour accompagner les parcours professionnels, notamment les enjeux de transmission croisée de savoir-faire entre salariés expérimentés et nouveaux arrivants.
Enfin la décarbonation appelle à développer, renforcer ou attirer de nouvelles compétences pour permettre aux entreprises d’accélérer la prise en compte des problématiques climatiques et environnementales.
Ce vaste chantier, primordial à la lueur des problématiques de l’habitat, nous invite à nous saisir collectivement des attentes des entreprises et salariés du secteur pour mieux les accompagner.
En conclusion l’étude en écho au management de l’innovation au sein des entreprises propose aux acteurs de l’écosystème de bâtir de façon coordonnée une offre « claire, concrète et opérationnelle ». Ce cycle d’accompagnement appuierait les entreprises lors de trois moments de vérité d’une démarche d’innovation :
- Amont : Faciliter l’identification de pistes d’innovation pertinentes, notamment en jouant sur le partage de bonnes pratiques ;
- Pendant : Appuyer le développement des compétences adaptées aux enjeux
- Après : Encourager le déploiement personnalisé des solutions innovantes
Aux yeux des entreprises et des salariés, les compétences de diagnostic, les expertises et les capacités de mise en relation sont présentes. La coopération entre acteurs professionnels, institutions publiques et organismes de formation est indispensable pour bâtir un cadre d’intervention efficace, à la hauteur des enjeux de transition écologique et numérique.
Réalisée dans le cadre du Pacte sectoriel Bâtiment en Bretagne, cette étude de la Cellule Économique de Bretagne est cofinancée par les Organisations Professionnelles (FFB Bretagne, CAPEB Bretagne, SCOP BTP Grand Ouest), la DREETS Bretagne et la Région Bretagne.
Elle a été réalisée au cours du 1er semestre 2026 avec le concours de Constructys, de la CiBTP, du GREF Bretagne et de France Travail. L’enquête a permis d’exploiter 1032 réponses de salariés sur 42.000 interrogés et 186 réponses de dirigeants d’entreprises pour 8000 sollicitées.
